« Pour obtenir une soulte, il faut parfois contourner le problème, en poussant artificiellement les dépenses de recherche et développement. » (Photo: Programmation du robot « junior 300 » a Bagnolet en février).
La trentaine à peine, Gonzague Gridel fait déjà le tour des plateaux télé pour présenter sa start-up, MIP Robotics, et ses robots industriels.
Il y a trois ans, ce diplômé de l’Edhec, une grande école de commerce française, a quitté un confortable emploi de cadre au Crédit mutuel pour se lancer dans l’entrepreneuriat.

« J’avais rencontré un ingénieur qui voulait lancer des robots à bas coûts pour les PME », explique l’entrepreneur en herbe.
Trois ans plus tard, le rêve est devenu réalité.
Conçus dans son atelier de production à Bagnolet, ses robots à moins de 10 000 euros fabriqués pour automatiser les tâches répétitives ont déjà conquis leurs premiers clients.
Si Gonzague Gridel a pu se lancer, c’est d’abord grâce au formidable millefeuille d’aides à l’innovation disponible dans l’Hexagone.
Très rapidement, les deux compères lèvent 340 000 euros d’argent public avant de boucler un premier tour de table auprès d’investisseurs privés.
« L’argent, c’est le nerf de la guerre pour recruter ses premiers salariés », affirme le patron de MIP Robotics. Merci l’Etat !
Faire émerger des Elon Musk tricolores
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Prêts, subventions, avances remboursables, bourses à l’innovation, prises de participation, avantages fiscaux, la France dépense chaque année 10 milliards d’euros d’argent public en la matière, soit un demi-point de PIB. Aux yeux du gouvernement, l’innovation est cruciale pour maintenir la compétitivité des entreprises françaises dans la mondialisation. Dans l’esprit du président, Emmanuel Macron, les start-up, synonymes de rupture technologique, doivent renouveler les vieilles industries françaises en perte de vitesse.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a annoncé, le 15 janvier, la création d’un nouveau fonds consacré à l’innovation et doté d’un capital de 10 milliards, qui permettra d’injecter chaque année 260 millions d’euros de subventions dans les « innovations de rupture »….